Canicule : les résultats de l’enquête CGT

08/09/2026

Épuisement, risques d’accident, manque de mesures de prévention… Plus de 11 000 travailleur·ses ont répondu, cet été, à l’enquête lancée par la CGT sur leurs conditions de travail pendant les fortes chaleurs. Ce premier bilan est sans appel : les mesures prises pour protéger les salarié·es face à la canicule ont été largement insuffisantes.



Avec plus de 11 000 réponses, cette enquête ( lire les résultats publics de lʼenquête) donne un aperçu très concret de ce qu’ont vécu les salarié·es au travail pendant les fortes chaleurs. Et le premier enseignement est sans appel : la chaleur dégrade fortement les conditions de travail. L’enquête CGT contribue à rendre visible ce que vivent les travailleuses et les travailleurs pendant les canicules. Ses premiers résultats ont été relayés dans la presse (Le Parisien, Ouest-France.)

Fatigue, concentration, santé : des conséquences très concrètes

85,6 % des répondant·es jugent les dernières canicules « pénibles », « très pénibles » ou « insupportables ». 90 % estiment que travailler pendant les fortes chaleurs est devenu plus difficile que les années précédentes.

Derrière ces chiffres, ce sont des réalités quotidiennes : 84 % déclarent une fatigue importante, 79 % ont dû ralentir leur travail et 67 % ont rencontré des difficultés à se concentrer.

La question est aussi celle de la sécurité : près d’une personne sur deux a pensé qu’un accident pouvait arriver, une sur quatre a eu peur pour sa santé et plus de 1 100 répondant·es déclarent avoir été victimes ou témoins d’un accident ou d’un malaise lié à la chaleur.

La fatigue ne disparaît d’ailleurs pas avec la baisse du thermomètre : près de la moitié des répondant·es disent avoir été épuisé·es au point de ne pas pouvoir récupérer d’un jour sur l’autre.


Trop souvent, travailler « comme si de rien n’était »

Face à ces risques, les mesures prises dans les entreprises et les administrations restent très insuffisantes. 80 % des répondant·es ont eu le sentiment qu’on leur demandait, au moins en partie, de travailler « comme si de rien n’était ».

« Nous avons atteint les 45 degrés sans aménagement du travail, la seule consigne a été “hydratez-vous et prenez des pauses”. Sauf que le travail est à faire quand même… »

Une personne sur cinq n’a bénéficié d’aucune mesure particulière de protection et quatre sur dix déclarent qu’aucune mesure d’organisation du travail n’a été prise.

« Coupure de la clim dans des bâtiments pour privilégier le refroidissement des serveurs informatiques (...) »

Plus inquiétant encore, 71,1 % n’ont jamais été sollicité·es par leur employeur pour adapter leurs conditions de travail. La protection apportée par l’employeur obtient une note moyenne de seulement 4,02 sur 10. 

« J’ai dû apporter mon ventilateur dans mon bureau afin de faire circuler l’air. Mon employeur a trouvé cela génial. Normal car il n’a pas eu à dépenser pour que le bureau ait une température vivable. »


Changement climatique : le travail doit s’adapter

Ces résultats montrent une réalité : avec des épisodes de fortes chaleurs plus fréquents et plus intenses, le travail ne peut plus être organisé comme avant. Horaires, rythmes et charge de travail, pauses, équipements, aménagement des locaux… Les mesures de prévention doivent être pensées en amont et avec les salarié·es. Et lorsque la chaleur met leur santé ou leur sécurité en danger, la possibilité d’arrêter le travail doit être garantie.


Vous n’avez pas encore répondu ? Chaque expérience compte

L’enquête ne s’arrête pas avec la fin de l’été. Les épisodes de fortes chaleurs vont devenir plus fréquents, plus longs et plus intenses. Continuer à documenter ce que vivent réellement les salarié·es est indispensable pour faire connaître les situations de travail et gagner de nouveaux droits.En cinq minutes, partagez votre expérience. Les réponses sont anonymisées et permettront de continuer à alimenter les revendications de la CGT.
👉 Répondre à l’enquête CGT sur les fortes chaleurs au travail