1946-2026 : 80 ANS DU STATUT

19/10/2026



Le 19 octobre 1946, à la sortie de la guerre, le Parlement adopte le statut général des fonctionnaires. Porté par le ministre Maurice Thorez et rédigé avec la CGT, il pose des principes qui tiennent encore debout : recrutement par concours, déroulement de carrière, droit syndical reconnu, et un fonctionnaire au service de l’intérêt général, pas d’un employeur ou d’un clan.

Ce statut n’est pas un privilège. C’est une garantie pour les usagers : un agent protégé de l’arbitraire est un agent qui peut servir tout le monde à égalité, sans pression politique ni clientélisme.

Un statut n’est pas figé, il peut évoluer. Mais évoluer ne veut pas dire régresser. Adapter la fonction publique aux enjeux du XXIᵉ siècle ? Si cela est nécessaire, oui. Le statut n’est pas un musée. Évoluer pour mieux répondre aux nouveaux besoins de la population, intégrer la dimension écologique, améliorer la qualité de vie au travail, moderniser l’organisation des services publics : telle doit être la feuille de route de son évolution. Adapter le statut, ce doit être l’enrichir et le renforcer. Pas le détricoter pour l’aligner sur la précarité du secteur privé.

Or 80 ans plus tard, on le vide de sa substance :
- Salaires gelés : le gouvernement veut geler le point d’indice en 2027 ; ce serait la quatrième fois consécutive et la huitième en dix ans, avec en prime la suspension de la GIPA pour la deuxième année consécutive.
- Pouvoir d’achat en chute : le point n’a été revalorisé que d’un peu plus de 5 % depuis 2017, pendant que l’inflation cumulée atteindra 24,17 % fin 2026 selon l’Insee.
- Statut contourné : depuis la loi de 2019, recours massif aux contractuels, rupture conventionnelle, CAP vidées de leurs compétences sur les mutations et promotions.
- Et ils veulent aller plus loin : la Cour des comptes propose 20 milliards d’euros d’économies sur la masse salariale publique d’ici 2029, via le non-remplacement de départs, le gel du point et le ralentissement des avancements.

Résultat : une division par trois du nombre de candidats aux concours en trente ans. On ne rend pas un métier attractif en l’appauvrissant.

La CGT revendique :
- le dégel immédiat du point d’indice et le rattrapage des pertes depuis 2017 ;
- le rétablissement de la GIPA ;
- des créations d’emplois statutaires et la titularisation des contractuels ;
- l’abrogation de la loi de transformation de la fonction publique de 2019.

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