KNDS Roanne : les salariés se mobilisent pour réclamer une hausse des salaires de 5 %

13/11/2025


Jeudi matin, à l’appel de la CGT, une soixantaine de salariés se sont mobilisés à l’entrée du site KNDS Roanne pour réclamer l’avancée des négociations annuelles obligatoires (NAO) et une hausse de 5 % des salaires alors que 200 millions ont été versés à l’actionnaire.

 

Les salariés de KNDS veulent être davantage associés aux bénéfices de l’entreprise. Jeudi matin, un piquet de grève était mis en place à l’entrée du site KNDS de Roanne à l’appel de la CGT. Une soixantaine de salariés étaient présents sur les 1559 salariés du site roannais. Quelques-uns distribuaient des tracts aux automobilistes entrant sur le site pour réclamer l’avancée des négociations annuelles obligatoires (NAO). Celles-ci avaient été décalées de six mois depuis la période Covid et n’ont jamais été reprogrammées à la période initiale, en fin d’année.

200 millions pour l’actionnaire, 6 millions pour les revalorisations salariales

« Ils nous ont volé six mois », explique François Faverot, représentant syndical CGT, qui réclame le retour de ces NAO à la période initiale, en fin d’année, et une hausse des salaires de 5 % effective dès le 1er janvier de l’année suivante, au lieu du 1er juillet actuellement. La CGT souhaite que l’enveloppe des augmentations puisse être intégrée dans la préparation du budget 2026, « d’autant qu’on a appris qu’ils ont débloqué 200 millions pour l’actionnaire alors que l’enveloppe des augmentations 2025 représentait une enveloppe de 6 millions d’euros ». KNDS, qui emploie près de 11000 personnes, se porte très bien comme en attestent les résultats records de 2024 avec un chiffre d’affaires de 3,8 milliards pour 2024 et un carnet de commandes de 23,5 milliards, en hausse de 15 % par rapport à l’année précédente.
Les salariés ont néanmoins obtenu en 2023 l’instauration du 13 e mois, dont un premier versement devait intervenir en ce mois de novembre, ce 13e mois étant versé en deux fois. « Ça fait 30 ans qu’on le réclamait », explique le gréviste CGT, « depuis qu’on est devenu Giat (en 1992), qu’on a des parts privés chez nous et des personnels en convention collective. Pour une boîte comme la nôtre, on trouvait ça aberrant ! »

Reconduction du mouvement ce vendredi

Ce mouvement est organisé après des NAO ouvertes en avril 2025 qui n’avaient pas été jugées satisfaisantes ( celles de 2024 avaient déjà marquées par une grève à l’appel de la CGT ). « Aucune organisation syndicale n’avait signé la NAO car le compte n’y était pas », explique Bruno Lyonnet, délégué CGT qui estime que les 5 % d’augmentation réclamés sont « raisonnables par rapport au chiffre d’affaires et commandes réalisées ».
Pour l’instant, la direction refuse d’avancer les NAO. La question devrait être évoquée ce vendredi 14 novembre lors d’un CSE (comité social et économique) central. Bruno Lyonnet explique que les salariés ont décidé de renouveler la mobilisation ce vendredi matin, avec une nouvelle distribution de tracts « pour mettre la pression sur la direction ». Pour les représentants syndicaux, cette mobilisation pourrait retarder l’assemblage de certains des véhicules produits à Roanne tels que le Jaguar (engin blindé de reconnaissance et de combat) ou le Serval (véhicule blindé multirôle-léger).

Auteur : Kevin Triet 
Source : Le Progrès